Entre cuisine thaïlandaise, vietnamienne et même française (si si !), la gastronomie khmère semblait avoir tout pour nous plaire.
 
Et pourtant… quelle ne fut pas notre déception la majorité du temps !

Premièrement, nous pensions retrouver les prix du pays voisin où un Pad Thaï vaut 1 ou 2 euros mais la carte des restaurants affichait bien souvent un montant presque multiplié par deux…
 
Deuxièmement, et c’est là notre plus grande déception, le Cambodge n’a que très peu de spécialités. On retrouve bel et bien une influence thaïlandaise mais il s’agit en fait de plats similaires avec un nom différent.

Bref, un simple copier/coller.
 
C’est comme si le pays avait emprunté à droite et à gauche quelques plats en changeant leur nom.
On vous liste ci-dessous les quelques spécialités du pays testées ainsi que les adresses où nous nous sommes rendus.
 

Où manger vegan à :
➤ Kampot
➤ Kratie
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Les spécialités

 Amok 
 
Cuisiné normalement à base de poulet ou de poisson, nous avons pu goûter ce plat version végétale avec du yuba mariné dans du lait de coco épicé. On a adoré ! C'est à Kampot que nous avons pu dénicher cette version végétalienne.

 Les curries 
 
Coup de cœur pour Cheap pour le curry rouge khmer, parfois servi avec un bout de baguette (de la vraie !). Un vrai plaisir de pouvoir saucer son assiette.
 
 Le jus de canne à sucre 

Impossible de passer à côté d'un stand de jus de canne à sucre. Un délice pour Cosy mais un flop pour Cheap. On vous laisse vous faire votre propre avis !
 


 Restaurants testés 

Type de restaurant
Gamme de prix
Vegan 
$ (< 2$)
Végétarien 
$$ (2$ - 4$)
Options végétaliennes 
$$$ (> 4$)


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Kampong Cham
 
Il y a peu d'options pour les végétariens à Kampong Cham. Nous nous sommes donc contentés d'une pizza le premier soir au Lazy Mekong Daze. Le second soir, c'était également pizza avec frites au marché de nuit à un stand tenu par un Français.
 
 Sir Si Pha   Végétarien   $  
 
Restaurant familial complètement local comme on adore ! Pas de menu en anglais mais il y a quelques photos des plats. Ceux-ci sont simples mais très bons, des portions généreuses à petit prix. On recommande !

5.25$ (4,8€) les 3 assiettes

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Kampot
 
L'endroit est très touristique, ce n'est donc pas le nombre de restaurants qui manque. Mais qui dit "touristique" dit "prix élevés". Nous avons donc principalement été dans des restaurants locaux non végétariens. Nous avons en revanche déjeuné un midi dans un restaurant vegan qui vaut le détour, le Deva Café.
 
 Deva Café    Vegan   $$ 
 
L'endroit en extérieur est très charmant. Il s'agit d'un projet social qui embauche des femmes cambodgiennes (projet d'hébergement, restauration et spa). Le concept est simple : manger local et sain. Il s'agit de slow food, ne soyez donc pas impatients. On a testé LA spécialité cambodgienne version végé : le Amok. Un délice !

Certes, le déjeuner était au-dessus de notre budget, mais donner son argent à un projet comme celui-ci fait tellement plaisir !

Salade de vermicelles : 2.5$
Amok avec du riz : 4.5$

 
 Khmer Food Café   Options végétaliennes   $ 

Sur la place principale, vous pourrez trouver à un stand non végétarien quelques plats végés à petit prix. Les plats sont simples (riz, nouilles, curry, burgers...) mais plutôt bons. En tout cas, le rapport qualité/prix est imbattable !

3.5$ le tout

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Kratie
 
 Tokae   Options végétaliennes   $$ 
 
Restaurant non végétarien proposant quelques plats végés. L'endroit est uniquement fréquenté par des touristes. Cosy a adoré son curry avec du riz (3$) et le riz frit à l'ananas de Cheap était pas trop mal (2.5$).

 Le Tonlé   Options végétaliennes   $$ 
 
Restaurant dont on a adoré le concept. Il s'agit d'une association qui embauche des jeunes cambodgiens défavorisés comme serveurs. Ceux-ci sont formés dans une école en parallèle. Que ça fait du bien d'être servis à l'occidental après des mois passés sur la route !
Les élèves sont polis, discrets, souriants. Les plats sont beaux, sains et bons. Le prix est un peu plus élevé qu'ailleurs mais c'est mérité et une nouvelle fois ça fait plaisir de donner son argent à une telle association.
3.25$ le plat
  MLUB Putrea   Options végétaliennes   $ 
Restaurant local très simple avec des plats à base de nouilles faites maison. On le confirme, les pâtes sont DIVINES !
 
2$ le plat de nouilles faites maison
 
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Phnom Penh
 
 Masala Dosa Street Kitchen    Vegan   $$ 
 
Restaurant indien spécialisé dans le Dosa. Les produits sont de qualité, sans gluten. On est dans le genre de restaurant healthy. Nous étions tout excités à l'idée de déguster en version saine un de nos plats préférés : le Dosa Masala. Le plat était bon mais nous préférons le vrai Dosa authentique bien gras dégusté en Malaisie pour moins d'un euro.

Entre 3$ et 5$ le Dosa

 Evergreen Vegetarian   Végétarien   $  

Un peu déçus de cet endroit qui conviendra parfaitement pour les fans de fausse viande. On y trouve très peu de plats proposant des légumes. Même la soupe que nous avons commandée n'en contenait presque pas et celle-ci était très fade. En revanche, les dumplings au taro étaient bons.

5.5$ les 2 soupes et les 5 dumplings

 Maitreya Healthy Vegetarian   Végétarien   $  
 
Restaurant local proposant des plats simples à petit prix. Nous avons dégusté 2 soupes que nous avons adorées car celles-ci étaient goûtues et copieuses.
 
1.5$ la soupe
 
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Siem Reap (Angkor)

 Zhu Lin Xuan House   Végétarien   $  

Restaurant cosy avec clim et wifi. Le personnel est discret, poli et parle bien anglais. Le thé est offert. Les plats occidentaux ou cambodgiens sont très bons. C'est donc étonnant que les prix soient bon marché. Bref, un vrai coup de cœur.


L'addition s'il vous plaît !

► 1 burger vegan : 1,25$
► 1 portion de frites : 1,5$
► 1 Hot Pot de nouilles : 2$
 
 Kang Restaurant   Végétarien   $  

Restaurant familial complètement local où les femmes coupaient des feuilles de bananiers à même le sol. Au menu, vous trouverez beaucoup de fausses viandes et de plats à base de riz.
Nous avons testé le Pak Lov (riz, légumes, fausse viande), un régal pour seulement 1.25$. Déception cependant avec la soupe aux dumplings (1.75$), plutôt fade...sauf si vous raffolez de coriandre.
 

 Yuan Sheng Vegetable   Végétarien   $  

C'est ici que nous avons dégusté notre meilleur curry du voyage. Le personnel est assez nonchalant mais les plats sont délicieux. À ne pas manquer !!

 Tevy's Place   Options végétaliennes  $ 
 
Restaurant non végétarien mais qui propose quelques plats occidentaux et khmers végés. Le gérant est un expatrié (anglais ?) hyper sympa, ça fait plaisir de retrouver l'accueil occidental lorsqu'on vient déjeuner. Les plats sont simples mais bons.
2.75$ les 2 plats
 
 Bang Bang   Options végétaliennes  $$$ 

Boulangerie dédiée aux touristes. Ce n'est pas le genre d'endroit que nous fréquentons mais pour fêter la bonne perf de Cosy à l'Ultra Trail d'Angkor, on s'est fait plaisir. On a adoré le sandwich vegan Caprese, le bagel au pesto et surtout, le gâteau fudge au chocolat !
 
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Stung Streng

Cette petite ville n'est pas encore très touristique mais le but du gouvernement est de la développer pour attirer les voyageurs. Vous l'aurez donc compris, là-bas les restaurants végétariens ne sont pas encore présents.
Le plus simple est d'arpenter les rues et de chercher un restaurant local.

 Riverside Hotel   Options végétaliennes  $ 

Quelques plats vegans très classiques sont proposés à la carte mais les saveurs ne sont pas au rendez-vous.
Nos fried noodles étaient trop sèches et le curry aux légumes manquait de saveur.

Si Kampot est célèbre dans le monde entier, c'est avant tout pour son poivre considéré comme l'un des meilleurs au monde. Grâce à cette culture développée majoritairement sous le Protectorat français depuis la fin du XIXème siècle, Kampot est devenu aujourd'hui une des régions touristiques majeures du Cambodge.

À proximité, on trouve le parc national de Preah Monivong (Bokor) qui constitue l'autre attraction phare de la province. N'étant pas spécialement emballés par ce que nous avons vu et entendu sur ce parc, nous avons choisi d'en faire l'impasse. En pleine semaine de Nouvel An chinois et dans un contexte très particulier (on vous en dit plus plus bas), la hausse des prix des hôtels a aussi été un moteur dans notre décision de mettre les voiles rapidement.

Notre séjour à Kampot se résume donc de la manière suivante : visite d'une plantation de poivre et balade en scooter dans la campagne cambodgienne. Et pour être francs, c'était vraiment cool !


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Notre arrivée particulière à Kampot

Pour replacer l'article dans son contexte, nous arrivons à Kampot le 23 janvier 2020 soit à deux jours du début du Nouvel An chinois. Pour cette raison, les hôtels sont bondés, envahis par les touristes venus de Chine pour leur semaine annuelle de vacances. L'information est d'autant plus préoccupante que la Chine a annoncé 2 jours plus tôt que le nouveau coronavirus est transmissible entre humains. La gravité de ce dernier n'est pas encore désigné mais on évoque à cette époque une maladie plus contagieuse que le SRAS et surtout peut-être aussi dangereuse.

Imaginez donc l'état d'esprit dans lequel nous sommes au moment de poser les sacs à l'hôtel et de constater qu'il n'y a que des touristes chinois partout autour de nous... C'est sans compter sur nos proches qui, depuis chez eux où la maladie n'est pas encore d'actualité, ne nous rassurent aucunement en nous demandant si tout va bien.

Bref, la boule au ventre ne nous a pas quittés durant tout notre "weekend" à Kampot. Ce court récit n'a aucun intérêt concernant un séjour dans cette belle province mais il permet d'expliquer pourquoi nous avons écourté le nôtre. Cela étant dit, voici un condensé de notre passage express au pays du poivre !

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La découverte de la campagne cambodgienne

Si on s'en tient au centre-ville, Kampot n'est pas la destination immanquable du Cambodge. Les rues sont plutôt sympathiques, on a aimé se promener le long de la rivière Preaek Tuek Chhu mais l'excursion matinale au marché nous a plus écœurés qu'autre chose à la vue de la gestion des déchets des locaux.



Par contre, en sortant de la ville, c'est tout autre chose ! 

Kampot est pour nous l'occasion de retrouver notre ami le scooter pour la première fois au Cambodge. Les plantations de poivre se trouvant à une bonne vingtaine de kilomètres à l'ouest de la ville, opter pour ce moyen de locomotion semble le plus approprié. Comptez environ 5$ la journée de location.

En partant du Durian Roundabout, le rond-point orné d'une statue de durian (wtf!?), rejoindre les plantations de poivre nous aura pris environ 40 minutes. Le route qui nous y amène se transforme en chemin de sable rouge sur les derniers kilomètres. Donc en scooter, ça tâche !


Après nos escales à Siem Reap et Phnom Penh, on découvre enfin la campagne cambodgienne. Le mélange entre le rouge du sable, le vert de la végétation et le bleu du ciel nous émerveille. Même Cosy aux commandes ralentit pour profiter de ce décor nouveau pour nous. Alors, lorsqu'on aperçoit des buffles d'eau se baigner à côté d'une voie ferrée, on ne peut qu'immortaliser la scène.


On effectue un second arrêt juste avant d'arriver aux plantations. Cette fois, c'est le mystérieux Secret Lake que nous apercevons (de son vrai nom le Brateak Krola Lake). Ce surnom lui a été donné depuis la fin des années Khmers rouges car en ce temps-là, il n'était connu que des khmers rouges et des travailleurs. Et puis, bon nombre de prisonniers étaient emmenés vers ce lac duquel ils ne revenaient jamais... Le mystère planait donc jusqu'à ce que furent découverts de nombreux corps dans ses eaux.


Oui, le Brateak Krola Lake, si mignon soit-il, était le lieu idéal pour faire disparaître les cadavres pendant les années du génocide.

Après avoir visité les plantations de poivre, vous pouvez :

➤ soit vous diriger vers le sud pendant une quarantaine de minutes pour gagner Kep,
➤ soit rebrousser chemin et retourner vers Kampot en passant par les marais salants (car non, il n'y a pas que le poivre à Kampot !).

Kep est la dernière municipalité du Cambodge avant le Vietnam et à ce qu'on dit, plus mignon que Kampot. Dormir là-bas une nuit peut être envisagé ainsi qu'une virée sur Koh Tonsay (l'île aux lapins) mais le prix des logements est cependant plus élevé qu'à Kampot.

Pour nous, ce sera la deuxième option et donc un magnifique coucher de soleil sur les marais salants pour clôturer cette belle journée.


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La Plantation, le poivre sublimé

Depuis la fin des Khmers rouges, la culture du poivre reprend progressivement du poil de la bête à Kampot. Ce poivre est mondialement connu pour sa qualité et est pour cela vendu à l'international à bon prix. Néanmoins, comme tout produit de qualité, on trouve des imitations. Le Vietnam qui est le plus gros exportateur mondial (40%) n'hésite pas à faire passer son poivre pour du poivre de Kampot. Au Cambodge aussi les arnaques sont présentes, même à Kampot ! Alors, méfiez-vous et tenez-vous-en au prix ;)

Il y a plusieurs plantations dans la région mais La Plantation (c'est son nom), un projet porté par un couple de Français, est l'incontournable site où se rendre pour tout connaître du poivre de Kampot.


Plus qu'une plantation de poivre, La Plantation de Nathalie & Guy est un immense jardin tropical et aussi un véritable projet social car ils sont aujourd'hui le premier employeur de la région. Pour plus de détails, rendez-vous sur leur site internet !

L'info des Chatons
La Plantation paie également des professeurs pour donner des cours aux enfants toute la journée. En effet, les enseignants étant très mal rémunérés par l'État, ils ne donnent que quelques cours par-ci, par-là ce qui entraîne beaucoup de corruption pour que les élèves puissent suivre un vrai enseignement.

Les visites se font tous les jours de 9h à 17h, dirigées par de jeunes Français et organisés de la manière suivante :

➤ visite du jardin et explication des techniques de culture,
➤ dégustation des différentes variétés de poivre et autres épices.  

Dans un premier temps, on se promène donc dans le jardin pendant que notre guide nous raconte l'histoire de la plantation.


On retrouve des plantes à fruit du dragon, à fruit de la passion et des bananiers, entre autres. On reçoit de nombreuses informations concernant les techniques de culture et surtout sur les différentes sortes de poivre.

Le poivre de Kampot

Il existe 4 déclinaisons du poivre de Kampot : le vert, le noir, le rouge et le blanc.

La couleur du grain ne dépend en fait que de sa maturité, un peu comme l'olive finalement. Un grain de poivre est d'abord vert, puis noir si on l'arrache et le laisse s'oxyder naturellement. Si on le laisse prendre en maturité, il passera du vert au rouge. Le poivre blanc est fait à partir de grains rouges séchés auxquels on a retiré la chair.

Bien entendu, le goût de chaque déclinaison est aussi distinct que sa couleur. Et pour s'en assurer, rien de mieux qu'une dégustation autour d'une table.

On nous distribue une feuille et un stylo pour noter chaque petite coupelle qu'on fait passer autour de la table. On goûte une quinzaine d'épices différentes : poivre long rouge, poivre de Kampot millésime (70% noir, 30% rouge), poivre de Kampot noir, mix épicé, mix citronné, mix fumé, poivre de Kampot au sel, etc. On termine même avec de l'huile de coco, des zestes de combava et du curcuma.

En plus d'avoir sensiblement les mêmes goûts, on se rend compte que nous sommes aussi d'accord sur le poivre. Notre préféré : le poivre de Kampot millésime 2019 !

La dégustation est un moment très agréable, on en sort vraiment avec l'âme d'un connaisseur en poivre. À la fin de la visite, vous pouvez acheter à la boutique des petits sachets de ce qui vous a plu. 

Dans son ensemble, la visite de La Plantation reste un superbe souvenir du Cambodge pour nous. Du trajet aller en scooter à travers la campagne cambodgienne au chemin du retour par les marais salants, tout contribue à faire de cet endroit un site touristique incontournable.


Nous retournons à Kampot pour y prendre notre dernier repas sur la place où nous avons si bien mangé la veille. Il y a une poivrière sur la table. On en verse sur notre cuillère mais sans surprise, ce n'est pas du poivre du Kampot.

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Conclusion

La région de Kampot a été un de nos coups de coeur de notre voyage cambodgien bien que ce soit une zone très touristique. Si les prix des hôtels n'avaient pas été aussi chers à cause du Nouvel An Chinois, nous y serions certainement restés 2 jours de plus.
Selon nous, 4 jours sur place est une bonne durée pour profiter des lieux.


En résumé

⇾ Kampot - Phnom Penh en minivan : 8.4 USD chacun (7,6€). Attention, trajet mouvementé !
⇾ Il est préférable de dormir à Kep car son centre est plus mignon que celui de Kampot.
La Plantation est la visite (gratuite) à faire absolument, y compris le trajet pour s'y rendre.
⇾ Le Bokor National Park et les caves sont des idées de visites. Demandez une map à votre hôtel !



C'est au confluent du plus grand lac d'eau douce d'Asie du Sud-Est, le Tonlé Sap, et du célèbre Mékong que se dresse la capitale du royaume du Cambodge, Phnom Penh, anciennement surnommée la « Perle de l'Asie ».

Bien que capitale depuis 1431, on connaît Phnom Penh surtout pour son récent et triste passé comme l'est celui de tout le pays, les souvenirs du grand Empire khmer étant laissés du côté du site d'Angkor. Malmenée pendant la guerre du Vietnam, la ville fut littéralement vidée de ses 2 millions d'habitants emmenés de force vers les campagnes en 1975 par les Khmers rouges alors au pouvoir. Elle fut laissée à l'abandon pendant presque 4 ans.

Depuis, la ville s'est développée de manière assez anarchique et on le ressent bien en arrivant. Malgré la présence du Palais royal du Cambodge, ce n'est donc pas avant tout pour sa richesse culturelle que Phnom Penh attire les touristes : elle est le lieu emblématique d'une horrible période dont on en apprend davantage à chaque coin de rue et dont on sent le poids aujourd'hui sur la population.



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Tuol Sleng Genocide Museum

Voilà sans aucune hésitation la visite immanquable de Phnom Penh. Le Tuol Sleng Genocide Museum plonge le visiteur au cœur des atrocités commises par les Khmers rouges de 1975 à 1979. C'est dans une atmosphère macabre qu'on se déplace entre les cellules vides de la plus connue des prisons sous la dictature, S-21, réhabilitée en musée au début des années 80.


Pour la petite histoire, les bâtiments de S-21 étaient autrefois ceux d'un lycée. Lorsqu'on est dans l'enceinte du musée, on reconnaît bien la cour de récréation et les salles de classe. Mais tout de suite, les fils barbelés qui recouvrent les bâtiments nous ramènent à la réalité du lieu et font froid dans le dos.

          

Durant la visite, on passe successivement à l'intérieur des 4 bâtiments disposés en U qui composent le musée. Dans le premier, les salles qui servaient de cellules collectives ou de salles de torture sont globalement vides. Cependant, on imagine bien l'horreur qu'ont pu y vivre les prisonniers notamment grâce aux quelques photos prises lors de la libération de la prison par les soldats vietnamiens. Dans les deux suivants, on passe en revue les cellules individuelles tandis que le dernier bâtiment expose des accessoires d'époques, des vêtements, des outils de tortures et les photos des détenus dont les visages expriment plus que n'importe quel discours.

          

Nous avons fait le choix de ne pas nous munir de l'audio pour la visite. Nous avons erré dans le musée sans connaître les détails concernant l'utilisation de chaque pièce mais l'émotion ressentie n'en a pas été moins vive. Les témoignages des 7 survivants (!) affichés dans le bâtiment au fond de la cour sont le clou de la visite selon nous car si on a du mal à s'imaginer le quotidien des prisonniers seulement en observant les lieux, ils nous le décrivent avec une précision terrifiante.

Prix d'entrée au musée :
➤ Adulte : 5 USD par personne
➤ Enfant (10-18 ans) : 3 USD

Il faut ajouter 3 USD pour l'audio. Adaptez votre tenue vestimentaire (épaules et jambes couvertes) avant d'entrer dans ce lieu de mémoire. Pas de panique si vous avez oublié vos manches longues, le musée loue des vêtements appropriés.


L'info des Chatons
Dans le même esprit, il est possible de visiter le principal lieu d'exécution de prisonniers du Kampuchéa démocratique, le Choeung Ek, mais le site se trouve en dehors de Phnom Penh, à une vingtaine de kilomètres environ.


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Les autres lieux d'intérêt à Phnom Penh

Le Palais royal de Phnom Penh peut faire l'objet d'une visite (entrée à 40 000 KHR soit 8,3€) mais nos récentes virées à Ayutthaya en Thaïlande puis à Angkor nous ayant offert le meilleur des palais et temples siamois et khmers, c'est avec nettement moins d'enthousiasme qu'on envisage une telle visite.

Pour cette raison, on "souffre" du même manque d'enthousiasme pour le Wat Phnom, le plus ancien temple bouddhiste de la ville, et le Musée national du Cambodge.
 
Alors, que voir d'autre dans la capitale cambodgienne ?

Une rapide recherche nous conduit à regarder du côté des marchés de Phnom Penh : le Marché central, l'Orussey Market, le Phnom Penh Night Market, le Marché olympique, le Russian Market, ... bref, ils sont nombreux !

Parmi la liste, nous avons tenté l'Orussey Market et le Marché central par considération géographique et c'est sur le second que nous aimerions dire un mot.

Phsar Thom Thmey (le "nouveau grand marché")

Inauguré en 1937, l'édifice très particulier du Marché central fut conçu par un architecte Français, Jean Desbois. Pour nous y rendre, nous empruntons le Boulevard Charles de Gaulle depuis l'Orussey Market qui nous aura laissés un peu indifférents.


De loin, on repère déjà rapidement l'immense coupole au-dessus d'une des 4 ailes qui composent le bâtiment. Nous avons une certaine hâte de nous retrouver dans une ambiance que nous apprécions bien. Malheureusement pour nous, on constate très vite que la partie couverte du marché est fermée, comme beaucoup d'autres établissements en cette semaine de Nouvel an chinois.

Nous ne verrons pas l'intérieur du Marché central. On retrouve bien les stands de vêtements, chaussures, accessoires, fruits & légumes, viande & poisson, souvenirs, mais ceux-ci sont disposés tout autour de l'enceinte.

L'odeur ambiante est parfois à la limite du supportable, les mouches envahissent les étales de viande. On est pris de dégoût devant des poissons vivants qui suffoquent et gigotent dans des bassines sans eau... Heureusement, on retrouve le sourire avec les stands de vêtements et de sacs en observant les détails qui trahissent facilement tous ces produits de contrefaçon et en appréciant les traductions approximatives du français sur les imprimés de t-shirts.

          

Notre tour au Marché central a été rapide et décevant compte-tenu du contexte. En temps normal, le Phsar Thom Thmey est un lieu où il doit être assez excitant de se promener vu la taille impressionnante de l'édifice.

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Ambiance générale à Phnom Penh

Si nous étions arrivés directement de France à Phnom Penh, le dépaysement aurait été total comme celui que nous avons vécu à Hanoï au Vietnam. Comme rappelé en introduction, la ville s'est développée de manière anarchique et on le sent : il n'y a pas vraiment de règle ici. Mais la capitale cambodgienne reste tout de même plus tranquille que sa voisine vietnamienne.

On ne s'y est jamais senti en insécurité mais soyez vigilant cependant car les arnaques sont nombreuses et certains n'hésiteront pas à vous dérober quelques dollars par n'importe quel moyen, notamment le fameux vol à l'arrachée dont on a fait l'expérience à HCM. Les tuk-tuk sont partout, plus que partout ailleurs au Cambodge (plus qu'au Vietnam !) et les chauffeurs pas toujours des plus agréables.

Phnom Penh est une ville assez sale où la pauvreté est omniprésente. Même sur les grands axes, nous avons été témoins de tableaux peu plaisants tels que ceux d'enfants dormant à même le sol ou sur des cartons dépliés. C'est aussi pour nous la ville d'Asie du Sud-Est où trouver une chambre convenable pour dormir fut le plus compliqué tant les avis des précédents voyageurs étaient mauvais.

Sinon, on remarque que le protectorat français a laissé quelques traces, notamment en matière d'architecture. Dans certaines rues, on se sent "presque" en France quand on regarde la façade des immeubles en tout cas.

Pour conclure, Phnom Penh n'est pas une ville déplaisante en soi mais soyez prévenus ! C'est une bonne porte d'entrée pour un séjour au Cambodge et pour se rendre sur les autres sites d'intérêt du pays en minivan. C'est surtout une étape obligatoire pour mieux comprendre le triste passé récent des Cambodgiens.



En résumé

⇾ Phnom Penh est l'étape historique indispensable du Cambodge
⇾ La visite incontournable est celle du Tuol Sleng Genocide Museum (5 USD + 3 USD pour l'audio)
⇾ Idées de visite : le Phsar Thom Thmey (Marché central), le Palais royal du Cambodge
Attention aux arnaques, vols à l'arrachée et aux chambres d'hôtel généralement peu reluisantes !